
La culture du miscanthus permet de réduire les nitrates dans les eaux souterraines
MisEauVert, projet de R&D collaboratif financé par l’ANR, s’intéresse en particulier à l’effet de la culture du miscanthus sur la protection de la qualité de l’eau dans les aires d’alimentation de captages (AAC).
Pour ce projet, Loïc Strullu (INRAE Laon) a réalisé un travail poussé de modélisation à l’échelle de l’AAC. Ce travail s’intéresse en particulier aux flux de nitrates sous les cultures.
L’AAC d’étude, qui est l’AAC St-Georges-sur-Eure Mérobert, se trouve au sud-ouest de Chartres (Eure-et-Loir). Elle est classée prioritaire depuis 2009.
La modélisation a été conduite avec STICS, outil de simulation du fonctionnement sol-plante-atmosphère, en développement continu par l’INRAE et le CIRAD depuis 1996. Actuellement, la communauté scientifique utilise largement le modèle STICS dans les travaux de modélisation.
Dans MisEauVert, ce travail de modélisation est complémentaire du suivi de parcelles expérimentales en miscanthus. A proximité directe de l’AAC de Saint-Georges-sur-Eure, le suivi des parcelles repose sur le prélèvement et l’analyse des eaux de drainage. Le dispositif suit une parcelle en miscanthus et une parcelle témoin, et mesure les nitrates et produits phytosanitaires.
Objet de la modélisation
La modélisation portait sur la concentration en nitrates à l’échelle de toute l’AAC, selon deux scenarios :
- le scenario actuel, qui modélise les dynamiques de culture actuelles sur l’AAC.
- et un scenario bas niveau d’intrant (BNI), avec 10% de la surface de l’AAC en miscanthus et 5% avec d’autres cultures BNI : le tournesol et l’AB.
L’enjeu est de répondre à des questions telles que : quelle est la concentration en nitrates dans les eaux sous l’horizon des sols comparés, entre le miscanthus, d’autres cultures BNI et les cultures actuelles ?
Un bon niveau de précision et de représentativité a pu être atteint grâce aux bases de données locales et à l’implication et la connaissance des acteurs du territoire : Chartres Métropole, la Chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir et le Gabel.
Les résultats de la modélisation montrent le fort impact des cultures BNI pour réduire la concentration en nitrates de l’eau.
Les effets les plus significatifs sont ceux du miscanthus, avec une réduction de 53 à 59% des nitrates par rapports aux rotations remplacées. Le scenario BNI avec 10% de la SAU en miscanthus et 5% d’autres cultures BNI permet une diminution moyenne de 11 % des nitrates par rapport au scenario initial.
