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Auteur : Bernard KRATZ
Le miscanthus giganteus pousse en Lorraine. Cette plante suscite de l’engouement dans les énergies renouvelables. Un réseau se forme pour mieux la promouvoir. Le lycée agricole de Courcelles-Chaussy a été recemment le théâtre d’une rencontre inédite sur le thème Miscanthus… les champs du possible. Elle réunissait des principaux acteurs d’un réseau en train de naître autour du miscanthus, lointain cousin du roseau. Cyril Flamin, d’Agria, le centre de compétences de Vandœuvre, a organisé cette rencontre pour dresser un état des lieux et tisser un réseau qui s’étend bien au-delà de notre région. Novabiom, une des premières entreprises françaises de la filière, est venue de Chartres, dans l’Eure et loir, pour participer à ces travaux. « La Lorraine est une des régions les plus actives en la matière », reconnaît Jean Kerhoas, de Novabiom. Elle le doit en grande partie à René Gruber, 64 ans, ancien directeur de l’IUT de l’université Paul-Verlaine de Metz, aujourd’hui en charge du département génie des matériaux à Forbach. L’enseignant chercheur mosellan a été le véritable promoteur du miscanthus giganteus, cette plante si prometteuse dans le domaine des énergies renouvelables. « C’est en 2004 qu’on a commencé à s’y intéresser, avec notre équipe de l’université de Metz, au miscanthus giganteus. Lors de nos nombreux échanges, des chercheurs polonais avaient attiré notre attention sur le MXG. C’est une plante qui nous vient d’Asie. Mais ce sont les Danois qui l’ont introduite en Europe au début du XXe siècle », rappelle René Gruber. Les premiers rhizomes ont été planté dans les années quatre-vingt-dix. Stérile, la plante ne prolifère pas et n’est pas invasive. C’est une plante pérenne qui ne nécessite pas l’utilisation d’engrais et propose de nombreuses applications. La principale, comme combustible biomasse, en la mélangeant au bois dans des chaudières. « Petit à petit, on a réussi à faire parler du miscanthus, de ses qualités de combustible, du bon rendement de la paille, de la possibilité de le transformer par gazéification et même de lui trouver un potentiel dans les matériaux », rappelle René Gruber. Mais attention : « il ne s’agit pas de couvrir le pays de miscanthus », prévient l’universitaire.
Absorber les polluants Justement, ses caractéristiques permettent de le faire pousser facilement, sur des sols très pauvres voire des friches. Car ses rhizomes peuvent absorber les polluants de sols dégradés. « Elle n’a surtout pas vocation à concurrencer l’agriculture alimentaire. Sa vocation est de générer une activité économique de proximité, à petite échelle, en complément d’autres combustibles », relève Cyril Flamin très engagé dans la mission Vanapa (Valorisations non alimentaires des productions agricoles) au sein d’Agria Lorraine. Aujourd’hui, la mayonnaise a pris. Les Anglais ont largement développé sa culture (17 000 ha), la France n’en est qu’à 2 500 ha. Et le mouvement gagne l’Europe où le professeur Rolf Pude, de l’université de Bonn, en Allemagne, et son homologue Irina Lewandoswski, à Utrecht aux Pays-Bas, boostent les recherches. Pendant ce temps, dans le sillage des universitaires de la région, un réseau se forme en Lorraine « pour avoir plus de visibilité », assure Cyril Flamin, « et faciliter les échanges d’informations autour du miscanthus. » Avec, à la clé, des projets de partenariats qui se multiplient avec les Sarrois, les Italiens, les Polonais pour mieux décrocher des financements de l’Union européenne. |